La tête de veau : plat préféré de Jacques Chirac

Chirac, un grand amateur de viande bovine

Pourquoi ce plat ? La réponse vient qu’en 1996, alors en pleine crise de la vache folle, le président Jacques Chirac est à Londres dans le cadre d’une visite d’État. C’est alors qu’un journaliste britannique lui demande s’il « serait bien de remplacer la tête de veau élyséenne par le ‘roostbeef’ royal, un plat peut-être moins nuisible à la santé ».

Le président ne cache pas son engouement pour ce plat, qui est typiquement français, « (…) Si l’on veut avoir du bœuf royal, il faut d’abord avoir un veau. Et comme tous les veaux naturellement ne peuvent pas devenir des bœufs, alors il faut bien aussi les manger, d’où l’importance qu’il y a (…) à sauvegarder la tête de veau ».

Ah! La tête de veau, en voila un plat bien français, issu de nos terroirs, des nos traditions, transmis de générations en générations et cuisiné avec amour par nos mères et nos grands-mères! Notre président de la République Jacques Chirac n’avait pas seulement compris ceci, à savoir que notre recette nationale de la tête de veau méritait d’être inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité, il l’avait aussi dans le sang!

En bon et solide élu corrézien, il est tombé dedans quand il était « petit », et depuis il ne peut plus s’en passer. Après avoir assisté à un palpitant combat de sumotoris, ou après s’être fait ch… à une interminable réunion du G20, rien de tel qu’une bonne tête de veau à la sauce gribiche pour se remettre d’aplomb!

L’amour de la tête de veau est littéralement inscrit dans le patrimoine génétique de chaque corrézien, et partant de chaque vrai français! En en mangeant régulièrement Chirac prouve qu’il appartient vraiment au peuple de France, enfonçant ainsi l’extrême Droite sur son propre terrain! Car en effet, Chirac a compris bien avant tout ses concurrents qu’une bataille électorale? ça se gagne d’abord dans une assiette, avant de se gagner dans les urnes.

Préparation : 30 mn + 2 h de trempage

Cuisson : 5 h 15 mn

Ingrédients (pour 6 personnes) :

– 1 tête de veau

– 20 cl de vinaigre

– 2 cuillères à soupe de farine

– 1 oignon piqué de 2 clous de girofle

– 1 bouquet de persil

Pour la sauce:

– 6 échalotes

– 10 cl de vinaigre

– 1 branchette de thym

– 1 feuille laurier pilée

– 1 cuillère à soupe de cerfeuil et d’estragon haché

– 3 jaunes d’oeuf

– 60 g de beurre

Préparation :

1 – faites dégorger la tête de veau pendant 2 heures dans de l’eau froide additionnée de 10 cl de vinaigre. Egouttez-la et lavez sous le jet du robinet en faisant passer l’eau dans les narines et les oreilles. Enveloppez-la dans un linge fin (style foulard) et nouez aux quatre coins.

2 – plongez la tête de veau dans une grande marmite remplie d’eau froide et de 10 cl de vinaigre, ajoutez l’oignon piqué, le persil, le sel, le poivre, et la farine délayée dans un peu d’eau.

Portez à ébullition pendant 5 heures.

3 -lorsque la tête est presque cuite, préparez la sauce:

* pelez et hachez les échalotes, mettez les dans une casserole moyenne avec le vinaigre et faites réduire à feu vif pendant 5 à 6 mn.

*ajoutez le cerfeuil et l’estagon hachés, le laurier pilé et le thym.

* mouillez avec une bonne tasse de bouillon de cuisson de la tête et laissez cuire 2 à 3 mn.

* retirez du feu, et incorporez les jaunes d’oeuf dilués dans un peu de bouillon, ajoutez le beurre en remuant doucement.

* tenez la sauce ravigote au chaud (au bain-marie).

4 – égouttez et épongez la tête de veau, désossez-la et coupez en morceaux.

Servez chaud avec la sauce à part.

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Ses amis politiques

Jacques Chirac suscite la fidélité et n’a jamais hésité à donner son amitié, même si ses déceptions en la matière sont restées dans les mémoires… il est vrai que des « amitiés de 30 ans » ne résistent pas toujours aux ambitions, comme peuvent en témoigner Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy.

Jean-Louis Debré et Jacques Chirac en 2011

Tel n’est assurément pas le cas de Jean-Louis Debré. Jamais la fidélité de l’ancien ministre de l’Intérieur et Président du Conseil Constitutionnel par la grâce de Jacques Chirac n’a fait défaut à son mentor. Si les deux hommes déjeunent et se promènent plusieurs fois par semaine ensemble, Jean-Louis Debré ne s’est jamais départi de son respect pour celui qu’il persiste à vouvoyer.

La plupart de ses anciens premiers Ministres comptent aussi au rang de ses amis fidèles : Jean-Pierre Raffarin, qui lui doit sa renommée hors des frontières du Poitou-Charentes, Dominique de Villepin, qui a toutefois fini par prendre ses distances avec l’ancien chef de l’Etat et bien sûr Alain Juppé, le « meilleur d’entre nous », selon la formule célèbre.

Le clan gaulliste ne compte plus les amis de Jacques Chirac, des barons comme Philippe Séguin, qui a pu déclarer un jour «Je crois avoir toujours été aux grands rendez-vous fixés par Jacques Chirac», Jacques Toubon, Philippe Marini ou Gérard Larcher à de plus jeunes talents, comme Valérie Pécresse, François Baroin ou encore Christian Jacob. Carrière oblige, ces derniers se montrent plus discrets avec Jacques Chirac depuis qu’ils sont rejoint « l’écurie » Sarkozy.

Le musée du quai Branly, le leg culturel de Jacques Chirac à la France

La plupart des présidents de la Vème République ont voulu marquer leur mandat par une réalisation culturelle et artisitique devant symboliser leur époque. Si Georges Pompidou a donné à Paris le musée d’art contemporain portant son nom et François Miterrand le Grand Louvre et son oeuvre littéraire, la contribution culturelle du président Chirac, elle, est sans conteste le musée du Quai Branly. Une contribution d’autant plus importante qu’elle est originale et représentative des goûts personnels et de la personnalité atypique du Président Chirac.

Ce musée est l’aboutissement de la passion personnelle de Jacques Chirac pour l’art et la culture des peuples premier. Une passion qui l’animait alors qu’il n’était qu’un tout jeune étudiant dont le principal loisir consistait à visiter le musée national des arts asiatiques – le musée Guimet. Le jeune passionné d’arts orientaux et africains, voulait à l’époque apprendre le sanscrit pour mieux comprendre et assimiler la sagesse méconnue de l’Inde.

Cet amour de jeunesse, l’amour de l’art non européen, -auquel il fut toujours fidèle- fut ravivé au début des années 1990 par sa rencontre fortuite avec un autre Jacques, Jacques Kerchache. Celui-ci, à l’époque l’un des rares spécialistes français des arts dits premiers, voulait développer et faire connaitre au grand public son domaine, alors très peu exposé et compris. Cette rencontre, qui eu lieu sur une plage de l’île Maurice, fut décisive dans l’orientation de la politique culturelle du futur président de la République.

Après avoir pensé un temps à ouvrir un département des arts premiers au Musée du Louvre, Jacques Chirac eut l’idée d’un projet bien plus ambitieux, la création en plein Paris d’un grand musée dédié exclusivement à la connaisance et à la compréhension des arts premiers. Ce fut la naissance du musée du quai Branly, inauguré le 20 juin 2006 par le Président de la République en présence de l’ancien secrétaire des Nations-Unies Koffi Annan et du célébre anthropologue Claude Lévi-Strauss.

Conçu par l’architecte Jean Nouvel, le complexe du musée étonne déja par sa conception audacieuse, alternant jardins, murs végétaux, ponts métalliques et salles d’exposition. Couvrant une surface de 40 600 mètres carrés, le musée abrite plus de 300 000 objets provenant des collections du musée de l’Homme du Palais de Chaillot et du musée national des arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte Dorée. Le musée concentre  ainsi une immense quantité d’objet de nature très diverses, statuettes, bijoux, armes, outils et objets du quotidien répartis en « zones géographiques »: Asie, Océanie, Afrique et Amérique.

Sur les centaines de milliers d’objets de la collection, seulement 3 500 sont quotidiennement exposés au public. Ils font régulièrement des va-et-vient entre réserve du musée et salles d’expositions. Cela permet non seulement de préserver les oeuvres, voire de les restaurer  (certaines d’entre elles étant très fragiles, notamment vis-à-vis de la lumière pouvant altérer la pigmentation de certaines peintures) mais également de montrer au public l’extraordinaire richesse des collections du musée tout en conservant l’interêt des visiteurs par un renouvellement constant.

En plus des collections permanentes, le musée a accueilli depuis sa création des dizaines d’expositions temporaires, pouvant porter sur des thêmes aussi variés que l’art populaire japonais, les objets d’ivoire africains, la statuaire maya ou même le Jazz!

Depuis son inauguration, le musée du quai Branly a attiré près de six millions de visiteurs. Avec une moyenne de 120 000 billets vendus par mois, le succès du musée ne se dément pas. C’est une preuve de la réussite incontestable du pari de Jacques Chirac: faire connaitre et aimer les arts premiers au français. Peu de gens dans l’histoire ont eu cette chance de transmettre leur passion personnelle au plus grand nombre, Jacques Chirac est peut-être le seul président de la Vème République à avoir réussi un tel exploit.

Jacques Chirac, une riche carrière électorale

Conseiller municipal, conseiller général, conseiller régional, président de conseil général, député, maire, député européen et président de la république. Exceptionnelle, sa carrière est particulièrement riche en réélections. Souvent élu, Jacques Chirac a toujours été réélu à la fonction qu’il avait su conquérir. Ainsi, il fut élu puis réélu huit fois député de la deuxième circonscription d’Ussel, en Corrèze, et invariablement au premier tour. De plus, à l’exception de la présidence de la république qui a nécessité trois essais, Jacques Chirac a forcé le succès électoral dès sa première tentative. Enfin, il faut observer que cette carrière électorale est marquée par un tour de force consistant à bâtir, en terres de gauche, un fief électoral (député de la Corrèze de 1967 à 1995), tout en construisant, en terres de droite, un bastion politique lui garantissant une stature nationale et internationale (maire de Paris de 1977 à 1995). Sans oublier bien sûr son élection en tant que président de la République, et sa réélection en 2002.

http://www.cevipof.com/DossCev/elec2002/ElemInter/Chirac.html

Chirac et le sumo: une passion chiraquienne

Il est bien connu que le président Jacques Chirac a toujours été fasciné par le Japon, un pays qu’il a visité au moins une bonne cinquantaine de fois. Mais c’est envers un aspect bien particulier de la culture niponne qu’il montre le plus d’enthousiasme et de passion : à savoir le sumo. Véritable institution au Japon, ce sport de combat dans lequel deux lutteurs bien en chair essayent de se faire sortir d’un cercle, est bien connu de notre président qui se révèle incollable sur les différentes compétitions, le nom des champions et les règles de ce sport typiquement japonais. Il est également de notoriété publique que Jacques Chirac se débrouillait pour se procurer à l’Elysée les enregistrements des matchs les plus récents.

Cette passion du sumo occupe une telle place dans la vie de Jacques Chirac qu’il en a même appelé son chien Sumo.  Mais l’intensité de sa passion fut surtout visible lorsqu’il se montra très affecté quand Nicolas Sarkozy critiqua de façon acerbe sa passion pour le sport de combat nippon. Le successeur de Chirac à l’Elysée avait effectivement déclaré à des journalistes lors d’une visite à Hong-Kong: « Comment peut-on être passioné par ces combats de types obèses aux chignons gominés? Ce n’est vraiment pas un sport d’intellectuel le sumo! »

Jacques Chirac, personellement visé par cette pique lancée au moment où les relations entre lui et Sarkozy était les plus tendues, avait été ulcéré par cette remarque de même que nombre de japonais fanas de sumo. Il semble d’ailleurs qu’il compte régler ses comptes avec « celui qui a voulu dénigrer le Japon » sur le sujet dans le second tome de ces mémoires qui sera publié le 16 Juin prochain.

Quoi qu’il en soit les japonais lui ont bien rendu sa passion et sa défense de leur sport national, notamment en voulant donner son nom à une coupe récompensant l’une des compétitions les plus populaire au Japon, la « coupe du président Chirac ». Initiative qui a malheureusement tourné cours en raison du départ du président de l’Elysée.

La passion du président Chirac, que l’on aime ou pas le sumo, reste une chose relevant du domaine personnel. L’attaquer sur ses goûts personnels était particulièrement malavisé de la part de Nicolas Sarkozy, qui par la même occasion s’est attiré l’ire des japonais en dénigrant un sport traditionnel. Reste que la passion sincère de Jacques Chirac pour le sumo en fait une personne complexe et attachante.

Chirac vu par Denis Tillinac (*)

Chirac vu par Denis Tillinac (*)

en correze en 1991

Chirac en Corrèze en 1991

Le Gaulois: « Ni bourgeois, ni aristo. Ses affinités sont humaines, pas idéologiques. La figure du gaulois, simple, plébéien, bon vivant et courageux lui colle assez bien à la peau ».

L’homme de droite: « Si Chirac est de droite, en quelque façon, c’est parce qu’il croit en des valeurs simples: le courage, la discipline, l’altruisme, le patriotisme, le respect des coutumes. Il croit à l’opposition du bien du mal ».

Tournant: « Il intervient à la mort de Pompidou. Il se dit alors qu’il ne doit rien à personne. Que son heure est venue, qu’il n’a pas vocation à être un second, qu’il a un destin à accomplir ».

Mitterrand: « Il a beaucoup admiré son courage face à la maladie. Mais les deux figures sont opposées. Mitterrand était un littéraire qui s’était dédoublé en écrivant sa propre légende politique. Chirac est avant tout un homme d’action qui sent, embrasse et touche. Tueur, mais sans rancune ».

Déchirure: Il aurait pu être un autre. Il est fasciné par les érudits, les religieux. Sa quête de l’Orient exprime un désir d’équilibre, une aspiration à l’immobilité, paradoxale chez un homme d’action ».

Intimité: « Il ne voit jamais Bernadette et sa fille Claude en même temps. Il se protège en mettant ce type de barrière. Quand on lui parle de choses intimes, il se referme, parle pour ne rien dire,  »joue au con » pour se protéger ».

(*) Ami personnel du chef de l’État, écrivain, auteur de « Chirac le Gaulois » – Éditions de La Table ronde