Epilogue… Jacques Chirac au Conseil Constitutionnel

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Chirac et Vzlery Giscard d’Estaing au conseil constitutionnel

l’article 56 de la Constitution du 4 octobre 1958 la structure du Conseil Constitutionnel, organe chargé de contrôler les lois en rapport avec la Constitution, et si ces lois violent ou non la Constitution. L’alinéa 2nd de l’article 56 précise que sont membres de droit et à vie, les anciens présidents de la République. Ainsi, depuis le 16 mai 2007, Jacques Chirac est-il membre du Conseil Constitutionnel, ses dernières responsabilités politiques. Il y a rejoint Jean-Louis Debré et Valéry Giscard d’Estaing.

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Chirac Premier ministre (1974-1976)

Le 27 mai 1974, Jacques Chirac est nommé Premier ministre par Giscard, en reconnaissance du soutien apporté pendant la campagne présidentielle. Le nouveau ministère ne comportera que 5 U.D.R. (Union pour la Défense de la République) sur 16. Pourtant, Chirac conserve la confiance de l’U.D.R. puisque le 14 décembre 1974 il est élu secrétaire général de celle-ci. (sans en avoir jamais été membre) par 57 voix contre 27 à Jacques Legendre, député-maire de Cambrai. A la rigueur militaire de Messmer succède, à Matignon, un climat affairé et familier. Chirac travaille parfois en bras de chemise, les pieds sur la table, un casse-croûte à la portée de la main. Giscard croit son Premier ministre assez souple pour lui rester toujours soumis. Chirac croit son président assez malléable pour finir par lui imposer sa volonté.

Les rapports entre les deux hommes vont se dégrader progressivement, aggravés par leur différence de tempérament. Giscard renforce son pouvoir au détriment de son Premier ministre, qui ne fixe plus les orientations de la politique gouvernementale. Beaucoup d’affaires sont traitées directement par les ministres avec l’Elysée. Le 15 juin 1975, Jacques Chirac démissionne du secrétariat général de l’U.D.R., laissant la place à l’un de ses fidèles, André Bord (remplacé en 1976 par Yves Guéna). Le 11 janvier 1976, Valéry Giscard d’Estaing décide un remaniement ministériel contraire aux vœux de Chirac. En mars, après l’échec de la droite aux cantonales, Chirac, qui avait déjà dénoncé le présidentialisme croissant du régime, réclame de l’Élysée une politique plus musclée, des élections anticipées et sa désignation comme coordinateur de la majorité. Le 6 juin le problème de la direction du pays fait l’objet d’une rencontre à Brégançon où Chirac et sa femme sont reçus par le couple présidentiel. Mais, la tentative de conciliation échoue. Poussé par ses conseillers et par ses collaborateurs, Chirac remet sa lettre de démission au président de la République mais accepte de ne la rendre officielle que le 25 août à 11h 40. Le 26 août 1976, il s’explique avec éclat à la télévision sur son départ : « Je ne dispose plus des moyens que j’estime nécessaires pour assumer efficacement les fonctions de Premier ministre. « 

http://membres.multimania.fr/vbonhushist/Pages/Chirac.htm

Bio Chirac 4/4 : Cohabitation et présidences

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Jacques Chirac et François Mitterrand

Aux élections législatives de mars 1986, élections à la proportionnelle, le groupe RPR-UDF devient majoritaire, à deux sièges près, sur le PS. En tant que chef de la majorité, il est nommé Premier ministre le 20 mars. Il conserve toutefois sa fonction de maire de Paris.

La cohabitation avec le président François Mitterrand devient difficile et il prépare à côté les élections présidentielles de 1988.

Au premier tour il n’obtient que 19,94% des suffrages, alors que Mitterrand le devance avec 34,1% de suffrages. Même si l’UDF appelle à voter pour Chirac, il n’obtiendra que 45,98% des voix au second tour, Mitterrand est conforté pour un second septennat.

Il est cependant réélu député de Corrèze en 1988 lors des élections législatives (dès le premier tour, avec 58,04% des voix). Et le RPR reste aussi la première force d’opposition au niveau national, avec 130 sièges. Il est par ailleurs, réélu maire de Paris en 1989. En 1990, il est aussi reconduit à la tête du RPR après les assises du parti au Bourget, soutenu par Alain Juppé.

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1995, victoire de Chirac aux présidentielles

Les élections législatives de 1993 soulignent une victoire triomphale du RPR, qui devient la première force politique du pays, obtenant 245 sièges sur 577 (213 pour l’UDF, et le PS seulement 52). Il est aussi réélu dans sa circonscription (avec 60% des voix). Mais ce sera Edouard Balladur qui ira à Matignon. Jacques Chirac quant à lui se prépare aux élections présidentielles de 1995. Balladur se présente aussi, il sera éliminé par Jacques Chirac, mais ce sera Lionel Jospin en tête au premier tour. Il remportera le second tour face à Jospin avec 52,64% des voix.

Devenant président de la République, il nomme Alain Juppé Premier ministre, mais va aussi exclure tous les partisans d’Edouard Balladur. En 1997, conseillé par Dominique de Villepin, Jacques Chirac dissout l’Assemblée Nationale, et de nouvelles élections ont lieu. On observe aux élections législatives une victoire de la gauche plurielle qui est menée par Lionel Jospin, 319 sièges sur 577 (dont 250 pour le PS). Jospin devient le nouveau Premier ministre.

Le 24 septembre 2000, les français doivent voter pour le référendum sur la réduction du mandat présidentiel, passant du septennat au quinquennat, avec 73,21% de oui. Ce vote positif permet de conforter la place de Jacques Chirac au poste de président et de garant des valeurs républicaines.

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Chirac réelu en 2002 face à Jean-Marie le Pen

En 2002 ont lieu les élections présidentielles, et Lionel Jospin se présente contre Jacques Chirac. Lionel Jospin, au grand étonnement de tous, est battu dès le premier tour, Jacques Chirac est en tête avec 19,88% des suffrages, son rival au second tour sera Jean-Marie Le Pen. La gauche appelle alors à voter pour lui, c’est un score sans précédent, il obtient 82,21% des voix.

Jacques Chirac est donc réélu. L’association du RPR l’UMP, pour Union pour la Majorité Présidentielle. Celle-ci remporte largement les élections législatives, en emportant 365 sur 577. Son Premier ministre sera Jean-Pierre Raffarin.

Lors des élections cantonales et régionales de 2004, la gauche remporte majoritairement, seulement deux régions ont été remportées par la droite. Jacques Chirac remanie son gouvernement et nomme Nicolas Sarkozy ministre d’Etat, ministre de l’Economie, des finances et de l’industrie.

En 2005, Jacques Chirac propose un nouveau référendum, cette fois-ci sur la ratification du traité portant constitution européenne, et le non l’emportera de peu. Le surlendemain du référendum, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin démissionne, il sera remplacé par Dominique de Villepin.

C’est aussi en février 2005 que Jacques Chirac propose une Charte de l’environnement, qui est adoptée en février 2005, et qui figure désormais dans le Préambule de la Constitution française.

Fin 2006, il annonce la fin du gouvernement de Villepin qui sera effective lors de la passation de pouvoir au président entrant des élections de 2007. Mais en mars 2007, il annonce à la télévision qu’il ne se présentera pas pour briguer un troisième mandat. Et c’est Nicolas Sarkozy qui lui succédera à Élysée.

Le cas Balladur

« J’avais confiance en Edouard Balladur », écrit Jacques Chirac dans ses « Mémoires ». Un imparfait qui en dit long sur la relation « de 30 ans » entre les deux ex-poulains de Pompidou, qui durera jusqu’en 1993.

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Jacques Chirac et Edouard Balladur en 1993

Chirac blessé dans sa confiance n’oubliera pas. Alors qu’il avait laissé Matignon à Balladur pour mieux se consacrer à la campagne présidentielle, son « poulain » se découvre l’ambition de briguer lui aussi la magistrature suprême. Ce sont deux visions de la droite qui s’opposent, plus libérale côté Balladur, plus républicaine côté Chirac, mais aussi deux ambitions. L’affrontement est sanglant, jalonné d’ »affaires », qui vont non seulement impliquer les deux hommes, mais aussi leur entourage personnel et politique. Témoin, l’affaire Karachi, qui voit se déchirer le PR balladurien François Léotard et le PR chiraquien Charles Millon. Ou encore l’affaire de la vente de terrains de Bernadette Chirac, que le Président pense téléguidée par Nicolas Sarkozy, alors Ministre du budget. On se souvient aussi de l’affaire Clearstream qui met à couteaux tirés Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin,

Soutien de Jacques Chirac à la politique de réforme du Vietnam

A l’occasion de la première visite à Paris d’un numéro Un communiste vietnamien en 2000, le président Jacques Chirac a assuré le secrétaire général du Parti communiste vietnamien (PCV), Le Kha Phieu, du soutien de la France à la « politique de réforme et d’ouverture » menée par le Vietnam.

Jacques Chirac s’est déclaré particulièrement heureux de la signature, le 1er février à Hanoï, d’une convention bilatérale sur les adoptions. S’agissant d’un dossier qui « avait suscité beaucoup d’émotion en France », il en a souhaité la ratification « le plus vite possible ». Arrivé dimanche à Paris, Le Kha Phieu a déjeuné avec le député-maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard, et a visité avec lui l’espace Ho Chi Minh, avant de s’entretenir avec le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, François Huwart. M. Phieu est accompagné d’une centaine de haut-responsables politiques et de chefs d’entreprises.

AFP, le 22 Mai 2000

Le fief corrézien de Jacques Chirac

La carrière électorale de Jacques Chirac commence en Corrèze, en 1965. Dès sa première tentative, à 33 ans, il parvient à s’implanter sur ces terres pourtant réputées de gauche. La Corrèze deviendra son fief électoral et peu à peu une pièce maîtresse dans son dispositif politique national. Jacques Chirac doit aux électeurs de ce département la plupart de ses mandats électoraux. Il a d’abord été élu conseiller municipal de Sainte-Féréole, le 14 mars 1965 (il conservera ce mandat jusqu’au 6 mars 1977, avant de devenir conseiller municipal à Paris). Deux ans plus tard, le 12 mars 1967, il devient député en enlevant à la gauche, au second tour et avec une maigre avance (537 voix), la 3ème circonscription de la Corrèze (Ussel). Inscrit au groupe parlementaire « Union des démocrates Vème République », il renonce à son mandat pour entrer au gouvernement (secrétaire d’État aux affaires sociales, du 7 avril 1967 au 31 mai 1968, dans le 4ème gouvernement Pompidou). En mars 1968, il est élu conseiller général (Vème République) du canton de Meymac, fonction qu’il occupera jusqu’en juin 1988. Lors des élections législatives du 23 juin 1968, il est réélu député, au premier tour, sous l’étiquette UDR. Là encore, il doit renoncer à son mandat pour exercer des fonctions ministérielles (secrétaire d’État à l’économie et aux finances, du 12 juillet 1968 au 20 juin 1969, dans le gouvernement Couve de Murville, poste qu’il occupera également dans le gouvernement Chaban Delmas, du 23 juin 1969 au 5 janvier 1971, où il deviendra ministre des relations avec le Parlement, du 5 janvier 1971 au 5 juillet 1972). Le 18 mars 1970, Jacques Chirac est élu président du conseil général de la Corrèze (poste qu’il occupera jusqu’au 28 mars 1979). Le 4 mars 1973, il est réélu au premier tour député de la Corrèze, pour une fois de plus, renoncer à son mandat et entrer au gouvernement (ministre de l’agriculture dans le 2ème gouvernement Messmer, du 6 juillet 1972 au 28 mars 1973, puis ministre de l’Intérieur dans le 3ème gouvernement Messmer, du 1er mars au 1er mai 1974). Le 7 mars 1976, il est élu conseiller régional de la Corrèze. A l’issue de son premier passage à Matignon (27 mai 1974-25 août 1976), à l’occasion d’une élection partielle (14 novembre 1976), il est réélu, au premier tour, député de la Corrèze. Dans les mêmes conditions, il est réélu député le 12 mars 1978 et le 14 juin 1981.

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Chirac dans son fief corrézien en 1986

Le 16 mars 1986, il est réélu député dans le cadre du nouveau mode de scrutin introduit par la gauche. Il démissionne de son mandat pour devenir une seconde fois Premier ministre (20 mars 1986-8mai 1988). Le 5 juin 1988, Jacques Chirac est une fois encore réélu député. Enfin, le 21 mars 1993, il est réélu, toujours au premier tour, une huitième et dernière fois député de la 3ème circonscription de la Corrèze (Ussel).

Bio Chirac 3/4 : le RPR et Paris

Meeting du RPR en 1976

Chirac lors d’un Meeting du RPR en 1976

Jacques Chirac est à la tête de l’ancien parti gaulliste UDR, rebaptisé RPR (Rassemblement pour la République) le 5 décembre 1976 : l’idée est de rénover l’UDR sur la base d’un « véritable travaillisme à la française ». Jacques Chirac est élu du président du nouveau mouvement avec 96,52% des voix ; Jérôme Monod, son ancien directeur de cabinet, sera le secrétaire général.

Le RPR va devenir une puissante machine électorale. Juste avant les élections législatives de 1978, le RPR aura un peu plus de 700 000 adhérents. L’idée du parti est de contrer l’opposition mais aussi de contrer les « giscardiens ». Le RPR devient une voie médiane entre « le programme démagogique de la gauche socialo-communiste » et « les solutions de la droite conservatrice, orthodoxe, classique ». Le 10 février 1977, le meeting  du RPR regroupe Porte de Pantin, 100 000 personnes environ ; à ce meeting, Jacques Chirac dénonce « capitalisme sauvage » et affirme que les gaullistes ne doivent pas être confondus avec les « tenants du libéralisme classique » et la « droite » assimilée au giscardisme et au centrisme.

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Chirac maire de Paris

Jacques Chirac annonce en 1977 son projet de se présenter à la mairie de Paris.

Les soutiens de Jacques Chirac, mettent en œuvre une stratégie de campagne féroce. Mêmes si les communistes sont en tête des primaires avec un peu plus de 31%, les listes Chirac gagnent les primaires au niveau de la majorité avec 26,2%.

Au second tour, il passe devant l’Union de la gauche avec 45% (et 50 sièges). C’est ainsi que le 25 mars 1977, il devient le premier maire de Paris depuis Jules Ferry.

Il faut quand même aussi conforter la place au niveau national, et en mars 1978, ont lieu les élections législatives. Le RPR n’est que troisième au premier tour, le second tour change la donne, et le RPR garde sa place en tant que premier groupe politique à l’Assemblée Nationale, avec 154 sièges sur 491.

Des élections difficiles surviennent en 1979, ce sont les premières élections européennes pour le Parlement de Strasbourg. Jacques Chirac prend la tête de la liste « Défense des intérêts de la France en Europe », liste fidèle à l’idée gaulliste d’Europe des nations, cette liste sera quatrième ; la première liste sera celle de l’UDF, emmenée par Simone Weil.

Ces dernières élections lui permettent de prendre du recul par rapport aux résultats : conseillé par sa femme, il se sépare de Pierre Juillet et de Marie-France Garaud, afin de préparer les élections présidentielles de 1981. L’annonce se fera le 3 février 1981. Il prend Charles Pasqua comme coordonnateur de sa campagne. Il obtient 18% des suffrages au premier tour, mais il est distancé par Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Ce dernier remportera le second tour.

Les socialistes remporteront aussi les élections législatives de juin 1981, et le RPR n’aura que 20,9% des suffrages, c’est-à-dire 83 sièges. Jacques Chirac, va donc reformer son parti, notamment en prenant la décision de plus s’axer sur le libéralisme économique, afin d’être un rempart au « socialo-communisme » et d’être tout autant une alternative au « libéralisme avancé » de l’UDF. Le RPR a désormais des composantes de conservatisme libéral.

Les difficultés s’estompent, et aux élections cantonales de 1982, le RPR atteint le plus haut score qu’un parti gaulliste ait pu avoir, 17,9% (323 sièges de conseillers généraux). Pour les élections municipales de 1983, les communes de plus de 30 000 habitants dirigées par des élus du RPR passent de 15 à 35. Cela permet de passer de 41 à 58 sénateurs à la Chambre haute après les sénatoriales de septembre 1983.

Ces victoires électorales continuent avec la nouvelle victoire pour les municipales de Paris, Jacques Chirac est conforté dans son siège de maire, les listes obtiennent 67,29% des voix, et cela en obtenant les vingt mairies d’arrondissement !