Jacques Chirac et le refus du Front National

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Contre la fracture urbaine et sociale

Conférence de presse à la préfecture d’Amiens (Amiens, Somme, le 26 avril 1996)

Seul un plan d’action global peut aider les quartiers en difficulté. Un plan qui comporte à la fois des mesures économiques et sociales et vise tant le retour de la paix publique que le rétablissement de l’égalité des chances. Au cœur de ces mesures, il y a la création des zones franches urbaines, destinées à favoriser la création d’activités et d’emplois.

[…] Je rappelle très rapidement que je suis venu en Picardie, et plus précisément à Amiens, d’abord parce que cette région, d’une part, connaît des problèmes sociaux liés au chômage, plus graves encore que la moyenne nationale, et d’autre part – c’est vrai au niveau de la région, du département et de la ville d’Amiens -, c’est une région particulièrement dynamique et imaginative, qui ne se laisse pas abattre. J’ai donc souhaité voir de plus près ce qui se faisait ici et qui souvent est exemplaire.

L’un des points importants de l’observation que je voulais faire porte naturellement sur les quartiers en difficulté, puisqu’il y en a à Amiens, notamment les quartiers d’Amiens-Nord que nous avons visités hier et qui feront l’objet d’une expérience. Ce quartier sera l’un de ceux qui feront l’objet de l’expérience particulière que sont les zones de défiscalisation et la création des emplois-ville pour les jeunes. C’est-à-dire le début d’application du plan global qui a été lancé pour tenter de répondre le mieux possible aux problèmes posés par un certain nombre de quartiers en difficulté sur l’ensemble du territoire national.

C’est un plan global, puisqu’il tend à la fois à créer des activités et des emplois, à rétablir la paix publique, qui est un élément naturellement important pour la vie, à améliorer dans la mesure du possible la prise en charge des jeunes dans ces quartiers, à rénover et à diversifier les logements et à renforcer les partenaires de la ville, c’est-à-dire renforcer une politique de concertation en amont et en aval des décisions et une politique de partenariat entre les différents responsables publics ou associatifs des problèmes.

Ce plan s’attaque à la fois aux problèmes économiques et aux problèmes sociaux. Aux problèmes économiques des quartiers en difficulté, par la mise en place de zones défiscalisées et d’emplois-ville (il devrait y avoir la création de cent mille emplois jeunes-ville), et aux problèmes sociaux puisque son objectif est d’essayer de rétablir l’égalité des chances par une meilleure prise en charge des jeunes des quartiers, à l’école notamment, en développant une réforme à laquelle je suis, vous le savez, attaché. Cette réforme sera longue à mettre en place. C’est celle de l’aménagement des rythmes scolaires, permettant à la fois de donner aux jeunes davantage de chances d’accéder aux disciplines de la sensibilité, aux enseignements artistiques, à la culture, et aussi leur permettant une amélioration sensible des activités sportives et donc une prise en charge sur la journée plus importante au détriment, je l’espère, de la galère dans les rues. Ces quartiers l’auront en priorité. […]

Le cas Balladur

« J’avais confiance en Edouard Balladur », écrit Jacques Chirac dans ses « Mémoires ». Un imparfait qui en dit long sur la relation « de 30 ans » entre les deux ex-poulains de Pompidou, qui durera jusqu’en 1993.

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Jacques Chirac et Edouard Balladur en 1993

Chirac blessé dans sa confiance n’oubliera pas. Alors qu’il avait laissé Matignon à Balladur pour mieux se consacrer à la campagne présidentielle, son « poulain » se découvre l’ambition de briguer lui aussi la magistrature suprême. Ce sont deux visions de la droite qui s’opposent, plus libérale côté Balladur, plus républicaine côté Chirac, mais aussi deux ambitions. L’affrontement est sanglant, jalonné d’ »affaires », qui vont non seulement impliquer les deux hommes, mais aussi leur entourage personnel et politique. Témoin, l’affaire Karachi, qui voit se déchirer le PR balladurien François Léotard et le PR chiraquien Charles Millon. Ou encore l’affaire de la vente de terrains de Bernadette Chirac, que le Président pense téléguidée par Nicolas Sarkozy, alors Ministre du budget. On se souvient aussi de l’affaire Clearstream qui met à couteaux tirés Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin,

Le fief corrézien de Jacques Chirac

La carrière électorale de Jacques Chirac commence en Corrèze, en 1965. Dès sa première tentative, à 33 ans, il parvient à s’implanter sur ces terres pourtant réputées de gauche. La Corrèze deviendra son fief électoral et peu à peu une pièce maîtresse dans son dispositif politique national. Jacques Chirac doit aux électeurs de ce département la plupart de ses mandats électoraux. Il a d’abord été élu conseiller municipal de Sainte-Féréole, le 14 mars 1965 (il conservera ce mandat jusqu’au 6 mars 1977, avant de devenir conseiller municipal à Paris). Deux ans plus tard, le 12 mars 1967, il devient député en enlevant à la gauche, au second tour et avec une maigre avance (537 voix), la 3ème circonscription de la Corrèze (Ussel). Inscrit au groupe parlementaire « Union des démocrates Vème République », il renonce à son mandat pour entrer au gouvernement (secrétaire d’État aux affaires sociales, du 7 avril 1967 au 31 mai 1968, dans le 4ème gouvernement Pompidou). En mars 1968, il est élu conseiller général (Vème République) du canton de Meymac, fonction qu’il occupera jusqu’en juin 1988. Lors des élections législatives du 23 juin 1968, il est réélu député, au premier tour, sous l’étiquette UDR. Là encore, il doit renoncer à son mandat pour exercer des fonctions ministérielles (secrétaire d’État à l’économie et aux finances, du 12 juillet 1968 au 20 juin 1969, dans le gouvernement Couve de Murville, poste qu’il occupera également dans le gouvernement Chaban Delmas, du 23 juin 1969 au 5 janvier 1971, où il deviendra ministre des relations avec le Parlement, du 5 janvier 1971 au 5 juillet 1972). Le 18 mars 1970, Jacques Chirac est élu président du conseil général de la Corrèze (poste qu’il occupera jusqu’au 28 mars 1979). Le 4 mars 1973, il est réélu au premier tour député de la Corrèze, pour une fois de plus, renoncer à son mandat et entrer au gouvernement (ministre de l’agriculture dans le 2ème gouvernement Messmer, du 6 juillet 1972 au 28 mars 1973, puis ministre de l’Intérieur dans le 3ème gouvernement Messmer, du 1er mars au 1er mai 1974). Le 7 mars 1976, il est élu conseiller régional de la Corrèze. A l’issue de son premier passage à Matignon (27 mai 1974-25 août 1976), à l’occasion d’une élection partielle (14 novembre 1976), il est réélu, au premier tour, député de la Corrèze. Dans les mêmes conditions, il est réélu député le 12 mars 1978 et le 14 juin 1981.

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Chirac dans son fief corrézien en 1986

Le 16 mars 1986, il est réélu député dans le cadre du nouveau mode de scrutin introduit par la gauche. Il démissionne de son mandat pour devenir une seconde fois Premier ministre (20 mars 1986-8mai 1988). Le 5 juin 1988, Jacques Chirac est une fois encore réélu député. Enfin, le 21 mars 1993, il est réélu, toujours au premier tour, une huitième et dernière fois député de la 3ème circonscription de la Corrèze (Ussel).